Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
Itinéraire d’un poète apache
Élevé par une mère indienne, marqué par la désertion de son père – lui-même fils d’un richissime avionneur WASP –, Nicolas Stanley ne se sent nulle part à sa place. Élève brillant, il rejette violemment son milieu et l’école où il se sent à l’étroit. Il dévore Poe, Melville, Thoreau, Stephen King, s’abreuve aux comics, au rock, au cinéma, dessine sans trêve. Avide des autres et de l’inconnu, il multiplie les fugues. Dans un café du quartier branché de Seattle, il croise une artiste d’origine vietnamienne, homosexuelle et de dix ans son aînée, à qui il ose montrer son travail. Elle lui ouvre les portes de l’art alternatif, du grunge, de la révolte. L’amour fou, qu’ils découvrent ensemble, sera le territoire de leur liberté. Mais l’innocence de l’un et les déchirements de l’autre les font dériver vers les limbes des drogues et de l’alcool. Nick, pourtant, récuse cette autodestruction. Il quitte Pearl-Janis.
Revenu dans le giron maternel, il rejoint la fac, s’immerge dans ses études d’anthropologie, comme un hommage à ses ancêtres Nez-Percés. Mais sa soif des confins lui fait suivre l’appel d’une sirène québécoise, aussi rousse que Tori Amos. Il part vers le Nord et ses Inuits. Vancouver, Montréal, le Yukon, les aurores boréales, la dèche, les désillusions, la déception. Dessins plus noir que blanc, musique des abysses.
Sa première proposition de travail lui offre l’apprentissage des terres du Sud. En quête perpétuelle de ses origines, le poète métis dessine toujours, inscrit ses marques dans la Latina, traverse l’Argentine – en rêvant de La Patagonie –, le Mexique, l’Uruguay, le Brésil, où il rencontre Mariam, avec qui il fera un enfant. Serait-ce la sérénité tant recherchée ?
Mais la fureur du monde et ses démons le rattrapent. Jusqu’où devra-t-il aller pour assouvir son désir de vivre, enfin, ses désirs de connaissance et de renaissance ? Quels murs doit-il abattre pour être en accord avec ses convictions ?
Fasciné depuis l’adolescence par la quête rimbaldienne, Guillaume Staelens a réussi un véritable tour de force. Littéralement habité par les trente-sept années de vie d’Arthur Rimbaud, il les a, longtemps, développées comme une série de photos. Puis – à partir des multiples négatifs – il les a fait endosser à son anti-héros pour les inscrire dans l’histoire de la fin du XXe siècle et de la première décennie du XXIe.
Nick Stanley est le miroir de toutes les aspirations d’une génération – celle née dans les années 1970 – qui s’échouent sur les sables mouvants de la consommation à outrance, jusqu’à celle de l’être humain soi-même. Au rythme des musiques, des courants artistiques, des bouleversements politiques, économiques, sociaux et sociétaux, le lecteur suit la trajectoire d’un poète apache, traversant au galop une Amérique déstabilisée, à la victoire en berne, et qui s’est coupée de ses racines.
Suivez, sur la carte des Amériques, l’itinéraire de Nick, le poète apache

Une boîte à mégots bricolée par Picasso, une eau-forte de Tiepolo? une collection ouvre sur un monde grandiose ou minuscule qu'un homme a constitué par un mélange d'extravagance et d'entêtement. Pierre Le-Tan fait parler ici sa mémoire : il évoque des figures fascinantes ou troubles par des histoires douces et étranges. « La collection que je connais le mieux et dont il m'est le plus difficile de parler est évidemment la mienne. Elle est insaisissable. J'ai possédé, je peux le dire, des milliers d'objets. Même si aujourd'hui la plupart ne sont plus que des souvenirs, je continue à chercher, à trouver, à acquérir. L'acquisition étant, pour une raison mystérieuse, l'acte le plus important, comme celui du joueur qui lance un dé. L'idée de spéculation ne m'a jamais effleuré, ni celle de "décoration". Collectionner m'est à la fois indispensable et parfaitement inutile. »





Joubert fut un homme de l’ombre : il ne publia jamais rien si ce n’est quelques articles, erreurs de jeunesse. Bien qu’ayant été secrétaire de Diderot, ami de Chateaubriand – l’un des rares dont celui-ci requérait le jugement, le seul dont il acceptait les remarques, souvent sévères –, il aurait disparu sans laisser de livres si d’autres, après sa mort, ne l’avaient pris au sérieux en découvrant ses carnets et sa correspondance, qu’il tint tout au long de sa vie.
Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe
Eric Feferberg / AFP




